Lettre à Nour

21/10/2017 - 21/10/2017

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Le roman de Rachid Benzine Nour, « Pourquoi n’ai-je rien vu venir ? », à l’origine de la pièce, raconte sous forme de théâtre épistolaire, les échanges entre un père, intellectuel musulman pratiquant – vivant sa religion comme un message de paix et d’amour –, et sa fille partie en Irak rejoindre l’homme qu’elle a épousé en secret et qui est lieutenant de Daesh.
Depuis des mois, je suis pris d’assaut par une question : « pourquoi de jeunes hommes et de jeunes femmes, nés dans mon pays, issus de ma culture, dont les appartenances semblent recouvrir les miennes, décident-ils de partir dans un pays en guerre, et pour certains de tuer au nom d’un dieu qui est aussi le mien ? » Cette question violente a pris une dimension nouvelle le soir du 13 novembre 2015, quand la rupture à l’œuvre dans le monde extérieur a éclaté en moi et m’a déchiré avec une évidence effarante : une partie de moi venait de s’en prendre à une autre partie de moi, d’y semer la mort et la douleur.Comment vivre avec cette déchirure ? (…)
C’est ainsi qu’a pris forme peu à peu ce dialogue entre deux êtres qui ne peuvent renoncer l’un à l’autre, un père et sa fille, parce que l’amour qui les unit reste plus fort que tout. Et pourtant, tout les sépare. L’esprit critique du père est retourné contre lui : les principes auxquels il croyait sont devenus des armes aux mains de sa fille. L’impuissance de deux êtres si proches, si complices, à établir un dialogue, à trouver une entente, un point d’accord, est la brûlure qui traverse ce texte.

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