Bon anniversaire René Magritte

Joyeux anniversaire cher Monsieur Magritte ! 
Pour l’occasion, nous avons tracé votre portrait, parfois surprenant, à l’image du surréalisme dont vous êtes le plus grand ambassadeur à Bruxelles.

Une enfance espiègle

Vous naissez  le 21 novembre 1898 à Lessines, petite ville du Hainaut. Vous êtes – parfois - un petit garnement et vos compagnons de jeu aiment raconter vos folles aventures.
Un de vos professeurs dira de vous "ce grand garçon blond se désintéressait magnifiquement du latin et de la plupart des autres cours".
Dès l'âge de 12 ans, vous suivez des cours de dessin … au-dessus d'un magasin de bonbons. 

Un drame, et les passions d’une vie

Le premier drame de votre vie se joue quand vous avez  14 ans.
Dépressive, votre mère s'enfuit en pleine nuit pour se jeter d'un pont. On la retrouvera morte quelques jours plus tard le visage couvert de sa chemise de nuit. 
A 15 ans, vous rencontrez la jolie Georgette Berger dans une fête foraine.
La peinture vous parait alors  "vaguement magique ». en 1916, vous décidez d’entamer des études à l'Académie des Beaux-Arts de Bruxelles.
Vous confierez : « j'essayais de retrouver la position qui me permettrait de voir le monde autrement que l'on voulait me l'imposer ».

Héros et émotions

Vous éprouvez très tôt le sens du mystère en contemplant une caisse, dont vous ignorez le contenu, près de votre berceau.
Vous adorez le cinéma et surtout les "aventures de Fantômas" projetées au cinéma de votre quartier. Ce héros mystérieux avait alors envahi la ville avec les affiches de ses films et de ses aventures.

Les personnages fantomatiques, les caisses mystérieuses … et les visages recouverts de voile peupleront votre univers artistique.

Deux pour la vie

Vous retrouvez Georgette à Bruxelles, et vous vous mariez en 1922. Elle devient la compagne de toute une vie et votre modèle préféré. Elle se laisse mettre en scène dans des poses et des lieux surprenants. 

De vos « travaux imbéciles » jusqu’à Paris

A cette époque, vous êtes dessinateur pour une entreprise de papiers peints bruxelloise que vous quittez en 1924 pour créer des affiches et des dessins publicitaires. Ce travail alimentaire ne vous plaît pas du tout et vous le qualifiez d’ailleurs de « travaux imbéciles ».
Vous avez découvert Giorgio de Chirico. La poésie de sa peinture, née de la rencontre d'objets familiers dans un lieu où tout semble immobile et silencieux, vous bouleverse.
En 1927, vous quittez Bruxelles pour Paris où vous rencontrez beaucoup d’artistes déjà célèbres, comme Salvador Dalí. Vous peignez alors plus de cent toiles en essayant de nouvelles techniques : assemblage et collage de toute sorte - journaux, partitions musicales - et vous commencez à jouer avec les mots dans vos tableaux.
Puis la crise économique frappe alors vous revenez à Bruxelles trois ans plus tard et louez un appartement à Jette. Pour mettre du beurre dans les épinards, vous créez votre agence de publicité. 

Au rendez-vous des amis

Depuis toujours, vous êtes plus à l’aise avec les écrivains et les poètes qu’avec que les peintres. Avec Paul Nougé, Camille Goemans, E.L.T Mesens,  Marcel Lecomte, et Marcel Mariën, vous fondez le groupe surréaliste de Bruxelles et vous refaites le monde à l’estaminet « La Fleur en Papier Doré », vous dégustez des « Half en Half » au Cirio et vous disputez de célèbres parties d’échec au Greenwich
La salle à manger de votre appartement de la rue Esseghem devient le QG de vos réunions. 
Vous vous amusez à des jeux poétiques; et cherchez les noms de baptême de vos tableaux et des idées pour vos prochaines toiles, un vrai travail collectif !
Vous proclamez vos idées avec des pamphlets, des expositions, des blagues et des performances poétiques.
Vous rédigez par exemple une fausse annonce pour une série de conférences données par un pseudo sexologue bulgare au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles sur un thème grivois : « La Pratique Sexuelle ». Le jour dit, vous vous glissez discrètement près de la caisse pour voir les nombreux participants intéressés par le sujet.

La période "plein soleil"

Entre 1943 et 1947, pour oublier les horreurs de la guerre, vous voulez montrer  "le beau côté de la vie". Vous vous inspirez  des impressionnistes et reprenez leur touche vive, colorée et claire. Mais vos amis n'apprécient pas ce changement de style.

La période "vache"

En 1948, vous présentez votre première exposition personnelle à Paris. Vexé de ne pas y avoir été invité plus tôt alors que vous connaissiez déjà un certain succès à Londres et à New York, vous décidez avec, Louis Scutenaire, de monter un canular. Vous vous inspirez de caricatures, de bandes dessinées ou d'autres artistes et réalisez, en quelques jours à peine, 15 huiles et 10 gouaches. Les couleurs sont criardes et dégoulinantes. Les coups de pinceaux sont nerveux, les sujets vulgaires et ironiques. Le public est scandalisé.  À la demande de Georgette, vous allez renouer avec votre style d'antan.

La reconnaissance

Vous devenez alors un peintre reconnu et apprécié et les commandes affluent : de nombreuses toiles qui sont des variations d’œuvres déjà existantes – comme le célébrissime « Empire des Lumières »  -  et des œuvres monumentales à Bruxelles comme le plafond du Théâtre Royal des Galeries; et une vaste peinture murale dans le centre de congrès du Square. Ou encore la fresque « La fée ignorante » au palais des Beaux-Arts de Charleroi. Vous créez également  « l’oiseau de ciel » ; commandé par la Sabena et qui deviendra l’emblème de la compagnie aérienne belge.
En 1967, vous peignez « la Page blanche », avant de vous éteindre quelques temps après.

L’hommage

En 2012, vos voisins de la rue Esseghem imaginent  le projet « identité mosaïques » et créent  un parcours surréaliste de 66 mosaïques sur les trottoirs du quartier ; invitant depuis lors chaque passant à mettre ses pas dans les vôtres.