Éliane Vogel-Polsky

Éliane Vogel-Polsky

Éliane Vogel-Polsky... Le nom de cette femme vous évoque-t-il quelque chose ? Il s’agit d’une figure essentielle des récentes décennies, qui s’est engagée sur le terrain de l’égalité homme-femme, tout au long de sa vie.

Ses parents, d’origine russe, émigrent en Belgique après la Première Guerre mondiale. Si Éliane nait à Gand en 1926, la famille s’installe à Bruxelles en 1938. Docteure en droit de l’ULB, elle se spécialise en droit social, en suivant des cours à l’Institut du Travail de l’ULB encore. En 1952, elle épouse l’avocat André Albert Vogel avec lequel elle aura trois fils.

Le traité de Rome (1957) défend explicitement, dans son article 119, l’égalité des rémunérations entre travailleurs masculins et féminins pour un même travail. Éliane deviendra l’incarnation de cet article 119, d’abord en Belgique, et par la suite au niveau européen. Toutefois, en 1961 déjà, l’Europe estime que, faute de chiffres sur la question, l’article ne peut être appliqué !

Progressivement, Éliane s’implique de plus en plus sur la question de l’égalité des genres dans le secteur professionnel, défendant l’égalité salariale, la place des femmes dans la hiérarchie et dans les postes à responsabilité, etc. Elle plaide auprès des femmes dans les milieux professionnels, afin de leur ouvrir les yeux sur ces inégalités. Son action suscitera notamment la révolte des ouvrières de la Fabrique Nationale de Herstal : en 1966, 3500 femmes bloquent l’usine durant 3 mois ! Les femmes obtiendront une augmentation de salaire mais pas encore l’égalité...

L’avocate comprend que pour atteindre l’égalité professionnelle, il faudra passer par des changements dans la sphère politique : obtenir une meilleure présence féminine dans les assemblées, et idéalement une parité, ou “démocratie paritaire”. Enseignante à l’ULB, auteure de nombreux écrits, elle rédige notamment la “Charte européenne pour l’égalité des femmes et des hommes dans la vie locale”.

Elle décède à Bruxelles à la fin de l’année 2015. Une rue lui a été récemment consacrée, dans le contexte d’un nouvel aménagement urbain, à la frontière des communes de Laeken et de Jette.