Les petits secrets des quartiers Sainte-Catherine et Béguinage

Les petits secrets des quartiers Sainte-Catherine et Béguinage

A deux pas de la Bourse, se trouvent les quartiers Béguinage et Saint-Catherine. Vivants et trendy, ils sont prisés pour leurs concept stores et leur offre gastronomique. Mais connaissez-vous leurs petits secrets d’hier et d’aujourd’hui ?

Les quartiers Sainte-Catherine et Béguinage font partie des lieux les plus pétillants de la région. Il s’y passe toujours quelque chose. Bien que très prisés par les touristes, on y retrouve une véritable vie de quartier. Les habitants y sont fortement attachés et se plaisent à raconter les anecdotes historiques qui façonnent son identité. Une identité empreinte de symbolique et croyance. Retrouvez ci-dessous quelques perles, parfois cachées, de ce quartier tendance : la rue de la Cigogne, l’église Saint-Jean-Baptiste-au Béguinage, les jardins de l’Institut Pachéco, le temple franc-maçon et les urinoires classés de l'Eglise Sainte-Catherine.

Si une plus ample découverte de ces quartiers vous tente, découvrez les nombreuses adresses qui jalonnent le parcours.

  • Le temple Franc-maçon rue de Laeken

    La rue de la Cigogne

    Accessible depuis la rue Rempart des Moines (l’accès par la rue de Flandre est fermé par une grille), la rue de la Cigogne est une charmante oasis de calme en plein cœur de la capitale. La meilleure période pour s'aventurer dans la rue de la Cigogne ? Entre avril et juin, sans hésitation ! La glycine s’empare alors de cette rue étroite et y ajoute une touche de poésie. L’une de ses entrées, surmontée d’une arche, présente une niche avec une statuette de saint Roch datant du 18e siècle. Saint Roch est, entre autres, le saint des pestiférés. On retrouve d’ailleurs de nombreuses niches de ce type dans les ruelles historiques de la capitale. Ces “potales”, comme on les appelle, étaient creusées par les habitants afin d’y placer un Saint protecteur ou la Vierge Marie.  Les habitations de la rue datent au moins du 17e siècle et ont été, pour la plupart, réhabilitées. Les pavés et chasse-roues sont aussi d’origine. Le tout a été classé en 1984.

    Eglise Saint-Jean-Baptiste au Béguinage

    De nombreuses églises catholiques se situent sur le sol bruxellois. L’une des plus remarquables sur le plan architectural mais aussi social est sans aucun doute l’église Saint-Jean-Baptiste au Béguinage. Le bâtiment fut construit dans un style baroque au 17e siècle au cœur d’un important béguinage qui comptait 1084 maisons réparties sur 7ha. Le quartier tout entier est aujourd’hui très prisé par le cinéma pour son ambiance historique. De nombreux tournages s’y sont déroulés : la série anglaise « Les Misérables » de la BBC, le film « The Happy Prince » sur Oscar Wilde de Rupert Everett, « Le Tout Nouveau Testament » de Jaco Van Dormael ou encore « Une Promesse » de Patrice Leconte. L’engagement social de l’église est aussi à souligner. Elle œuvre depuis des années dans l’accueil des migrants et des sans-papiers. Ceux-ci y trouvent un peu de réconfort et un toit si nécessaire. La devise du lieu : « Traitez l’autre comme vous voulez être traité ».

    Les jardins de l’Institut Pacheco

    Ce grand ensemble néoclassique fut inauguré en 1827 à la place de l’infirmerie de l’ancien Grand Béguinage de Bruxelles. Actuellement en rénovation pour y établir des appartements, une offre horeca et des logements étudiants, l’Institut Pacheco fut tour à tour un lieu dédié aux soins des malades “incurables, infirmes et vieillards” et un établissement gériatrique.  Outre l’ensemble architectural remarquable, ce bâtiment renferme deux magnifiques jardins intérieurs classés. On y retrouve des parterres floraux aménagés et le plus gros marronnier du Japon de la région (tronc de 303 cm de circonférence et plus de 20m de hauteur).  Petite anecdote, on retrouve dans l’entrée de l’institut une plaque commémorative qui est l’un des faux en écriture les plus connus de Bruxelles. Celle-ci mentionne que l’Institut fut inauguré en 1835 sous le règne de Léopold 1er, premier roi des Belges. Hors l’ensemble fut construit entre 1824 et 1827 sous le règne de Guillaume 1er d’Orange, en pleine occupation hollandaise. Une façon pour la jeune Belgique de s’approprier discrètement une belle construction hollandaise ! L’ensemble n’est actuellement pas accessible au public pour cause de travaux de transformation.

    © by SA Miguel Discart

    Le temple franc-maçon

    La façade néoclassique du numéro 79 de la rue de Laeken renferme un petit secret. C’est à cette adresse que se situe une société historique qui cultive la discrétion : la loge maçonnique des Vrais Amis de l'Union et du Progrès. Fondée en 1854, cette loge dépend du Grand Orient de Belgique. Elle est l’une des plus anciennes et plus importantes de Belgique. Plusieurs grands noms de l’élite politique et culturelle bruxelloise s’y cotoient depuis toujours afin de débattre de questions philosophiques. Uniquement accessibles lors des Journées du Patrimoine, rares sont ceux qui ont pu entrer dans l’un des quatre temples maçonniques de l’adresse en tant que simples visiteurs. Si vous faites partie des chanceux, vous remarquerez qu’ils sont ornés de l’imagerie égyptienne. Le plus grand temple est d’ailleurs surmonté d’une impressionnante voute céleste. Si l’histoire de la franc-maçonnerie vous intrigue, faites un petit détour par le Musée Belge de la Franc-maçonnerie, situé à deux pas, au numéro 73 de la rue de Laeken.

    Les urinoirs de l’église Sainte-Catherine, hauts lieux de rencontre

    Les premiers urinoirs publics sont apparus au début du 19e siècle. Ceux-ci sont rapidement devenus des lieux de rencontres pour la communauté homosexuelle, persécutée à l’époque. Les hommes désirant rencontrer d’autres hommes se donnaient alors discrètement rendez-vous dans les pissotières. Quel meilleur alibi qu’un besoin naturel pressant ? Ces petits rendez-vous furtifs ont parfois donné naissance à de véritables histoires d’amour. Heureusement, aujourd’hui, la communauté LGBT peut se rencontrer librement en Belgique. De cette époque, seuls les urinoirs de l’église Sainte-Catherine, datant de 1873, subsistent encore. Au grand dam des fidèles de l’église Sainte-Catherine qui voient d’un mauvais œil ces passants qui se soulagent sur la façade de leur lieu de culte.