Les petits secrets du quartier du Heysel

Les petits secrets du quartier du Heysel

Connu en Belgique et même depuis l’étranger comme point de ralliement lors de grandes manifestations sportives ou culturelles, le quartier du Heysel est, de surcroit, un quartier qui invite incontestablement à l’évasion. Que ce soit pour y visiter l’indéboulonnable Atomium, pour y assister à un événement — un match de foot, un événement sportif, une exposition, une foire ou un salon, etc. — ou simplement pour échapper un peu aux zones très urbanisées, les prétextes ne manquent pas pour mieux découvrir ce quartier. Mais connaissez-vous ses petits secrets d’hier et d’aujourd’hui ?

Vous avez envie d’approfondir vos connaissances sur ce plateau du nord de Bruxelles ? Nous évoquons pour vous 5 sites qui habillent la plaine du Heysel : le théâtre de verdure, le stade Roi Baudouin, le Grand Palais, le Planétarium et le pavillon des États-Unis.

  • Le théâtre de verdure du parc d’Osseghem

    Le parc d’Osseghem, qui jouxte l’Atomium, est l’espace vert par excellence où l’on se rend spontanément après avoir fréquenté l’Atomium. Coincé entre cette dernière et le vaste parc de Laeken, le parc d’Osseghem a été aménagé en vue de l’Exposition universelle de 1935. À cette époque, le Heysel est un vaste espace rassemblé par Léopold II — qui le constitue via différents achats et expropriations — et faiblement urbanisé. Lorsque le site est choisi pour recevoir l’événement international, tout s’accélère et sa physionomie change en profondeur.

    Pour l’occasion, il est décidé d’établir un petit parc de type forestier, qui profitera des hêtres plantés en nombre sur le site. Le parc comportera pour le reste des jardins à l’anglaise, un étang alimenté par une source toute proche, et un théâtre de verdure, dont les gradins peuvent accueillir 3000 personnes. Cette salle de spectacle à ciel ouvert a été le cadre d’une série de manifestations ponctuelles et festives qui intégraient la programmation de l’exposition, comme des défilés, du théâtre, des concerts, des animations diverses et compétitions sportives, etc.

    De nos jours, l’endroit héberge encore de grands événements comme par ex. Le Brosella Festival, festival de musique jazz et folk.

    © VisitBrussels - Jean-Paul Rémy

     

    Avant le stade Roi Baudouin, le “stade du Centenaire”

    Aujourd’hui, tout le monde connait le stade Roi Baudouin, lieu privilégié pour organiser les événements sportifs — et parfois culturels comme de grands concerts — d’envergure nationale et internationale.

    Savez-vous que l’actuel stade Roi Baudouin s’appelait au début le “stade du Centenaire” ? En effet, ce stade, première construction à habiller le site du Heysel, a vu le jour en 1930. Il a même été inauguré par un match de foot entre la Belgique et les Pays-Bas — on n’est pas rancunier en Belgique ! — en septembre 1930. Initialement, il avait été convenu que l’Exposition universelle de 1930 aurait lieu à Bruxelles, occasion de célébrer le centenaire de l’indépendance belge. Il n’en sera finalement rien, et l’exposition se tiendra à Bruxelles 5 ans plus tard.

    © AVB

     

    Le Grand Palais ou l’”Atomium” de 1935

    La morphologie du site ne serait pas la même sans les “Palais” du Heysel, ces bâtiments gigantesques où se tiennent régulièrement de grands événements comme des foires, des salons ou des expositions souvent à caractère spectaculaire.

    Le Grand Palais, flanqués de 11 autres palais — de ces 11, il n’en subsiste aujourd’hui que 5 —, est  construit en vue d’abriter l’Exposition universelle de 1935. Tout comme l’Atomium lors de l’Exposition de 1958, le Grand Palais constitue le bâtiment emblématique de l’Exposition de 1935, qui figure sur la plupart des affiches faisant la promotion de l’événement. Ces deux édifices symboliques entament une relation conflictuelle lors du chantier de construction de l’Atomium, qui s’installe à mi-chemin sur le boulevard du Centenaire, rompant la perspective vers la haute façade du Grand Palais.

    © VisitBrussels - Global View

     

    De la science en 1935

    Le Heysel est véritablement LE site des Expositions universelles bruxelloises... Pour vous présenter le Planétarium, il faut donc encore faire référence à l’Exposition universelle de 1935, puisque l’organisme actuel est le successeur du planétarium et plus globalement du Palais de la Science érigés au moment de cette exposition de 1935. Démoli en 1968, l’État belge construit un nouveau bâtiment quelques années plus tard, en rattachant l’institution à l’Observatoire royal de Belgique, dont le Planétarium devient la vitrine éducative et le musée. La voûte reproduit celle du bâtiment de 1935 et l’appareil de projection de 1935 est toujours en fonction aujourd’hui ! Les informations et les projections sont captivantes, vous ne serez à coup sûr pas déçus !

    © AVB

     

    Le pavillon des États-Unis

    Absents de l’édition de 1935, les États-Unis avaient à cœur de se manifester lors de l’édition de 1958. Leur pavillon circulaire, appelé “Théâtre américain”, en impressionne plus d’un ; à l’origine, il avait en effet les dimensions du Colisée de Rome ! Il était accompagné de deux autres constructions plus modestes : un théâtre et le Circarama, un cinéma doté d’un écran à 360 degrés. Démonstration de la foi en l’avenir de ce pays hautement dynamique, cet énorme espace circulaire comprenait notamment des salles de spectacle et des salles d’enregistrement de radio et de télévision en couleurs — qui n’en est qu’à ses balbutiements, à cette époque ! Le site, partiellement conservé, sera d’ailleurs occupé par la chaine publique de radio-télévision flamande BRT (actuelle VRT).

    Savez-vous que la statue qui orne le Mont des Arts depuis 2000, The Whirling Ear d’Alexander Calder, décorait initialement l’esplanade qui devançait le pavillon américain ?

    © Visit.brussels - Jean-Paul Rémy