Benjamin Installé

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25/03/2021 - 25/04/2021

Benjamin Installé :: © Imperium (détail), collage numérique, 2020 - copyright Benjamin Installé

Pour cette nouvelle exposition, Benjamin Installé déploie un ambitieux travail de peinture qui occupe tout l’espace de la galerie du Botanique. À mi-chemin entre le tableau d’Histoire de grande dimension, le décor de scène de théâtre et la cimaise architecturale, l’oeuvre principale de l’exposition représente un espace délaissé, jonché d’objets ayant de toute évidence été abandonnés par leurs propriétaires en attendant un hypothétique retour. Les occupants du tableau s’étant absentés sont probablement des travailleurs de l’art, mais peuvent tout aussi bien être des ouvriers du bâtiment, des garçons livreurs ou des sans-abris. Ils ont abandonné le chantier à la fin de leur journée de travail, ou bien nous arrivons simplement après la fête et tout le monde est parti soigner sa gueule de bois.

À travers l’usage de la peinture, du dessin et de l’installation, en procédant par association d’images et à l’échelle 1:1, l’exposition interroge le statut du tableau aujourd’hui en tant que dispositif idéologique de représentation. Le sujet ayant déserté la composition, qu’en est-il de sa visibilité sociale dans le réel, en dehors de la peinture? Sommes-nous en présence d’une image allégorique exprimant l’état du monde culturel d’aujourd’hui, ou d’une représentation réaliste du quotidien du musée, issue de l’expérience de l’artiste?

À l’heure où l’objet « tableau » demeure le support archétypal des échanges au sein des marchés de l’art, Benjamin Installé reprend à son compte les stratégies déployées par le mouvement du muralisme mexicain (monumentalité, schématisme), en réaction à ce phénomène. Il s’inspire également des techniques de représentation issues du théâtre Brechtien (abolition du quatrième mur, distanciation) et du concept Freudien d’inquiétante étrangeté.

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