Black: The sorrows of Belgium I: Congo

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09/05/2019 - 09/05/2019

Black: The sorrows of Belgium I: Congo

Dans sa trilogie The Sorrows of Belgium, qui se compose des trois couleurs nationales, le metteur en scène Luk Perceval se penche sur trois sombres passages de l’histoire de la Belgique. Respectivement : l’exploitation du Congo sous Léopold II (Black), la collaboration avec l’occupant nazi pendant la Seconde Guerre mondiale (Yellow) et les attentats terroristes dans le soi-disant « hellhole » Bruxelles (Red).

Avec ses faits historiques comme points de départ, il brosse un portrait en trois volets dans lesquels les intentions politiques provoquent invariablement de la souffrance humaine, le surréalisme n’est jamais très éloigné et la volonté d’un petit pays de se maintenir au milieu de grandes puissances prend parfois des tournures retorses, mais le plus souvent convulsives… Bienvenue au centre politique de l’Europe !

Comme source d’inspiration de Black, le premier volet de la trilogie The Sorrows of Belgium, Luk Perceval a choisi un récit de voyage d’un des premiers explorateurs à avoir sillonné le Congo, l’Afro-Américain William Henry Sheppard, surnommé « le Livingstone noir ». Sheppard s’est embarqué de New York en février 1890 pour se rendre en Afrique, via Londres, en tant que missionnaire de l’Église presbytérienne. Avec son compagnon de voyage blanc, Sam Lapsley, les deux jeunes gens – au début de la vingtaine – entament une aventure bouleversante en terre totalement inconnue qui les mènera d’une stupéfaction à l’autre. Contrairement à Lapsley, qui succombera physiquement à cette mission, Sheppard s’en sort bien jusqu’à ce que l’argent que lui a confié l’Église soit épuisé et qu’il lui faille retourner aux États-Unis lever de nouveaux fonds. Lors de ce retour, il ne cache pas ses critiques sur les situations affligeantes qu’il a vues au Congo et est parmi les premiers à dénoncer l’infâme système d’exploitation mis en place par Léopold II. 

Black reconstitue l’authentique rapport de mission de Sheppard en s’inspirant des conférences passionnées qu’il a données pour récolter de l’argent pour la mission. Il ne reculait pas devant l’effet dramatique et exposait des objets d’art et utilitaires jouant sur l’engouement pour l’exotisme de l’Occidental moyen. Dans les États-Unis de l’époque, les conférences de Sheppard ont provoqué plus d’un choc : en raison de sa couleur de peau, les théâtres où il se produisait autorisèrent pour la première fois leur accès à des auditeurs noirs, toutefois uniquement au dernier balcon. Outre d’une peur de l’inconnu profondément ancrée, l’histoire de Sheppard témoigne d’un racisme omniprésent.

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