Brussels Jazz Orchestra, Lynn Cassiers

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14/03/2019 - 14/03/2019

Brussels Jazz Orchestra, Lynn Cassiers :: © Thomas Geuens Brussels Jazz Orchestra, Lynn Cassiers :: © Thomas Geuens

En 2016, l’auteur hollandais Erik Kriek sortait son roman graphique Dans les Pins (Editions Acte-Sud), ouvrage flamboyant dans lequel il livre sa propre interprétation de cinq célèbres murder ballads. il n’en fallait pas plus pour mobiliser le Brussels Jazz Orchestra qui, après le succès international de Graphicology, rêvait de remettre le couvert avec un illustrateur. Sauf que cette nouvelle collaboration entre jazz et BD allait rapidement prendre un tour totalement différent. Cette fois, c’est le livre qui a été la base de la collaboration. Les histoires ont été digitalisées, les chansons retravaillées et arrangées pour un grand orchestre de jazz. Au final, le résultat est un mélange envoûtant de musique et de bande dessinée, chaque discipline répondant à l’autre.

Mais au fond c’est quoi ces murder ballads ? Ce sont en fait des chansons à la fois macabres, mais aussi très touchantes, qui mettent en scène le romantisme noir d’un meurtre ou d’un assassinat. Ces histoires, ce sont souvent les immigrants irlandais, écossais ou anglais qui les ont emmenées avec eux lors de leur périple vers l’Amérique promise. Et on en retrouve des traces un peu partout dans la musique américaine, que ce soit dans le blues, la country ou même la pop. Johnny Cash, Bob Dylan, Nirvana, Jimi Hendrix ou Nick Cave : ce ne sont que quelques-uns des artistes qui, au fil des décennies, ont repris ces murder ballads séculaires, voire même ont écrit les leurs. Ces morceaux font partie intégrante de l’héritage musical américain, on les retrouve un peu partout, dans toutes les disciplines artistiques.

Le point de départ du roman graphique d’Erik Kriek, c’était cinq de ces chansons. Dont il a mêlé l’histoire originale avec son propre imaginaire. Il en a fait cinq récits totalement passionnants qui, tout comme les versions originales, décrivent tous une tragédie dont la fin, mortelle, est inéluctable.

La fusion entre le BJO et le travail d’Eric Kriek a permis un mélange explosif d’images animées, d’histoires bien dark, de musique et de chant. Le tout s’entremêle délicieusement. Avec un fil rouge : celui du drame éternel, constant … et terrifiant !

Flagey, Brussels Jazz Orchestra

€ 21 > 18

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