Camille Picquot - 'Domestic Flight' @ Rivoli Building

08/09/2017 - 30/09/2017

Zoom avant. L'appareil s'arrête au bas du dos d'un homme qui tient une cigarette. Que savons-nous de cette scène? L’homme semble décemment vêtu, avec sa chemise rayée soigneusement bordée dans son pantalon bleu marine. Sa montre en cuir et son alliance suggèrent une vie domestique ordinaire. Disons qu'il a une cinquantaine d'années. On a maintenant une idée de notre protagoniste, mais que se passe-t-il ici? Il tient une cigarette qui se consume, probablement une Winston, dans un geste de protection enveloppant. Le soleil brille, ce n’est donc pas de la pluie qu’il veut la protéger. Est-ce qu’il la dissimule, pour ne pas être surpris en train de fumer? Ou est-ce cette substance granuleuse qu’il a sur la main que personne ne doit voir, parce qu'elle pourrait révèler le crime qui vient d'être commis?

Dans Domestic Flight, le spectateur n’est pas confronté aux traces de ce qui a été. Chaque scène donne plutôt un aperçu de l'action, au sein de l'histoire que Camille Picquot déroule. Libérée de la charge de la preuve, la photographie peut désormais être pleinement appliquée à son nouvel objectif : la narration visuelle, qui vient suggérer une histoire fictive. Dans son travail artistique, Picquot est aussi à l'aise avec la photographie qu'avec la vidéo. Elle combine et met en œuvre les pratiques courantes de ces médias en les renforçant mutuellement, sans placer l'un au-dessus de l'autre. Dans Domestic Flight, Picquot n'hésite pas à inclure un espiègle cameo d'elle-même, dans une possible allusion aux célèbres apparitions d'Hitchcock.

Le langage photographique est appréhensible. Il séduit par des compositions claires, des couleurs contrastées et des détails marquants. Pourtant il y a toujours quelque chose qui ne va pas : un point de vue inhabituel ou un détail troublant transforment l’ensemble en une scène inquiétante. Les images deviennent énigmatiques sans pour autant se fermer au spectateur. Au contraire, elles invitent à une lecture fine et à une dissection. Elles donnent autant qu’elles cachent.

Texte Rein Deslé, curator & editor FOMU (Fotomuseum) Anvers.

Camille Picquot (1990, France) vit et travaille à Bruxelles.
Elle a étudié à l’ERG, à La Cambre à Bruxelles et au KASK à Gand. Son film Hollow Hours a été couronné fin 2016 par une Wildcard du Fonds Audiovisuel Flamand. Camille Picquot travaille en collaboration avec Art Paper Editions (APE), notamment à la publication prochaine d’un livre dédié à la série Domestic Flight. En 2018 Picquot aura une exposition solo au FOMU (Fotomuseum) Anvers.

Infos pratiques

  • Hopstreet Gallery
    • Rue Saint-Georges 109
    • 1050 Ixelles
  • Timetable
    08-09-2017 01:00 PM - 06:00 PM
    09-09-2017 01:00 PM - 06:00 PM
    14-09-2017 01:00 PM - 06:00 PM
    15-09-2017 01:00 PM - 06:00 PM
    16-09-2017 01:00 PM - 06:00 PM
    21-09-2017 01:00 PM - 06:00 PM
    22-09-2017 01:00 PM - 06:00 PM
    23-09-2017 01:00 PM - 06:00 PM
    28-09-2017 01:00 PM - 09:00 PM
    29-09-2017 01:00 PM - 06:00 PM
    30-09-2017 01:00 PM - 06:00 PM