Des béguinages à l'architecture féministe : habiter hors les murs du genre

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03/12/2020 - 03/12/2020

Des béguinages à l'architecture féministe : habiter hors les murs du genre

Les gender studies permettent une nouvelle interprétation de la distinction entre urbanisme et architecture. En effet, la division de la gamme des structures spatiales entre espaces privés et espace publics évolue vers une représentation de l’espace où les démarcations entre l’intérieur et l’extérieur deviennent incertaines. C’est peut-être par le sentiment de légitimité et de confiance en soi, que les féminismes tentent de développer et de nourrir chez les femmes (empowerment), que s’opère le plus grand changement spatial qui soit : celui où les territoires de genre dûs à l’absence d’investissement de l’espace privé par les hommes sont redessinés par les femmes, troublant et effaçant ainsi les frontières entre public et privé, urbanisme et architecture. Dès le XIIe siècle, les béguines, un mouvement urbain de femmes religieuses laïques et bâtisseuses, matérialisent ce principe dans la brique en créant un mode de vie et d’habiter subversif et émancipateur : les béguinages.

Dès 2014, Apolline Vranken s’investit au Cercle Féministes de l’ULB et se passionne pour les questions de rapport de genre dans l’espace et d’égalité urbaine. Elle investigue ces thématiques dans son travail de fin d’études « Des béguinages à l’architecture féministe. Comment interroger et subvertir les rapports de genre matérialisés dans l’habitat ? », publié par l'Université des Femmes en 2018. Diplômée en architecture en 2017, Apolline Vranken intègre pendant un an l’équipe rédactionnelle de la revue A+ Architecture in Belgium. Aujourd'hui, elle travaille comme architecte au sein du bureau Urban Platform et comme chargée de projets pour l’asbl L’Ilot-Sortir du sans-abrisme. Avec sa plateforme L'architecture qui dégenre, elle est également à l'initiative de l'édition belge des Journées du Matrimoine.