En même temps, elle sentit la matière du ciel - Karine Rougier & Alessandro Roma

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24/04/2019 - 15/06/2019

En même temps, elle sentit la matière du ciel - Karine Rougier & Alessandro Roma

La fondation invite l’artiste Karine Rougier à reconstituer son atelier dans les espaces de la fondation, sous un format d’exposition immersive, en dialogue avec les œuvres du céramiste Alessandro Roma, épousant des formes libres et végétales inspirées par la nature.

Faisant écho au thème de la programmation annuelle, la Renaissance, artiste as a worker, une proposition qui s’inscrit dans la physicalité du geste, celui de peindre, dessiner, sculpter, un rapport à la matière vécu comme une urgence, à rebours de notre époque de plus en plus dématérialisée.

Il y a un syncrétisme poétique dans l’œuvre de Karine Rougier, peintre française, née en 1982 à Malte. Son atelier, situé à Marseille, est un véritable cabinet de curiosités ; on y découvre pêle-mêle, masques d’animaux, gris-gris et autres amulettes, planches botaniques, gravures anciennes et cartes postales des années 70, matériaux dont elle s’inspire pour construire son œuvre. Un terreau pictural narratif qui empreinte les chemins du réalisme magique ; on y ressent l’influence d’un Max Ernst, l’empreinte d’un Victor Brauner ou la folie douce d’une Niki de Saint Phalle, vierges noires et totems en témoignent dans ces cérémonies sur toile.

Karine Rougier peint sur bois de petits ou moyens formats, férue de mythologie et de psychanalyse, l’artiste violente ses sujets, coupe les têtes, réinvente le mythe de la femme sauvage. Ses tableaux se lisent comme des « rébus », où des histoires de prêtresses toutes puissantes telle Circé changent les hommes en pourceaux, ou des déesses portent le masque souvent biface, en référence à Janus, symbole de la dualité dans la mythologie. Sa peinture au dessin très maitrisé, nous ensorcelle, spectacle de divinités féminines dansant autour d’un feu de joie, réinventant un nouveau monde, relié à la nature et aux astres.

Né à Milan en 1977, Alessandro Roma a étudié les beaux arts à l’Academia di Brera. Il vit et travaille à Bruxelles. Bien qu’il se considère avant tout comme un peintre, il utilise de plus en plus dans sa pratique d’autres mediums tels que le dessin, le collage, le textile et la sculpture. Le travail d’Alessandro Roma fait quant à lui d’échos et de stéréophonies possibles. Au début, le regard sur les œuvres est étrange, mais en franchissant ce seuil, en abandonnant les consistances et les certitudes préexistantes, il est possible d’entrer dans les rides de la couleur et du signe, dans les coupes et extrusions du matériau, au fort sentiment irrationnel de la nature qui inspire ses recherches. La rupture des formes compactes de l’argile, la stratification des lignes fragmentées ouvrent une nouvelle dimension, ont conduit à des perceptions éclairées. Le regard avance précautionneusement dans les interstices et crée des liens entre l’altérité: entre les œuvres, le corps et l’espace. Les «originalités» infinies et partielles portent des lignes d’ouverture et le sens se désassemble à l’intérieur de la forme. Modèles de grille sans interprétations.

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