Giuseppe Stampone - 'De la nature des choses'

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26/10/2018 - 20/12/2018

Giuseppe Stampone - 'De la nature des choses'

Ce titre est une référence au poème philosophique écrit par Lucretius, réparti en six livres, en 50 av. J. C. Il y décrit les grandes lignes de la constitution moléculaire de l’Univers, l’âme humaine et sa destinée, notre propre peur de la mort, et des caractéristiques individuelles telles que les cinq sens, les pensées et l’amour. Les deux derniers livres sont dédiés à la création du monde, notamment aux phénomènes naturels tels que les climats, et le développement des civilisations. Lucretius cherche à placer l’être humain dans un contexte plus vaste, plus universel, en étudiant notre propre place dans le monde naturel à la fois au niveau moléculaire et astrologique. Après des années de créations artistiques consacrées à présenter notre histoire et la période contemporaine, Stampone commence désormais à questionner la place de l’homme dans le monde et sa relation avec la planète dans laquelle il vit.
Dans la pratique de Stampone, la réalisation de dessins hyper réalistes permet d’exposer des aspects de la vie contemporaine. L’artiste a la conviction que l’art nous offre la possibilité d’étudier le monde qui nous entoure et de mettre à jour les absurdités ou les particularités de la condition humaine. L’art nous permet d’engager un débat et de relativiser notre place dans le monde. Giuseppe Stampone, pour qui la notion du temps et sa relation avec l’art sont au centre de ses préoccupations, a choisi de ne travailler qu’avec du stylo Bic et du graphite. Ces matériaux, avec lesquels on ne peut tricher ou accélérer le procédé du dessin, sont la manière avec laquelle Stampone conteste la rapidité accrue du rythme de la vie courante.
Auparavant, la technique de l’artiste visait à utiliser des images vues sur internet qu’il transformait en pièces uniques. Pour son nouveau corpus d’oeuvres, Gransasso, il choisit désormais d’utiliser ses propres photographies des montagnes où il a grandi. Après avoir dessiné ces images avec du graphite, Stampone entre les photographies originales dans Photoshop afin d’obtenir les références numériques des couleurs Pantone présentes dans ses instantanés. De la même façon que les couleurs industrielles sont créées pour imiter la nature, ces couleurs Pantone sont ensuite superposées à des images de la nature pour confondre les limites entre les éléments naturels et artificiels. Cet intérêt pour des procédés industriels qui sont effectués à la main représente le désir humain d’imiter la nature et de nous placer dans quelque chose qui est bien moins éphémère que la vie d’un homme. Alors que les artefacts disparaitront un jour, ces formations naturelles demeureront. Par ces oeuvres, Stampone remet en question ce qui resterait quand nous ne serons plus sur Terre – ce qui ne disparaitra pas, et ce qui sera oublié.
Les montagnes de Stampone sont à la fois autobiographiques et universelles. Il les garde au fond de lui, et elles sont reliées à sa propre identité, à ses souvenirs de jeunesse. Pourtant, si l’on n’est pas familier de ces montagnes en particulier, on est toujours emplis d’un sentiment d’admiration lorsque l’on fait face à la puissance monumentale de la nature. Elles sont également une représentation de la nostalgie que nous ressentons face à de tels paysages, comme en témoignent souvent ceux qui ont grandi à coté de grandes étendues d’eau ou de chaines de montagnes. Dans cette exposition, les montagnes représentent les pensées de l’artiste, qui est retourné dans la ville de son enfance afin de méditer et de renouer avec ses racines, cherchant ainsi à créer une connexion plus forte qui ne se trouve souvent que dans la nature. Ainsi, ces oeuvres sont une proposition adressée à nous tous afin de trouver notre place dans le monde, et de créer quelque chose qui perdure.

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