Hamlet

14/09/2017 - 21/10/2017

Il y a peu de metteurs en scène qui ne rêvent pas de se confronter un jour au chef-d’œuvre de Shakespeare. Personnellement, j’attendais avec patience d’avoir trouvé l’acteur idéal à mes yeux pour prêter son corps, sa voix, ses émotions, sa part d’ombre au personnage du Grand Will. Et puis soudain Itsik Elbaz s’imposa comme une évidence. Il y a quelque chose d’infiniment mystérieux chez lui et outre son talent immense et la fragilité qu’il dégage sur le plateau, il y a cette inquiétude, ce tourment qui semblent l’habiter et qu’il n’est donc plus nécessaire de « jouer ».

La dimension intuitive est essentielle dans notre métier, plus que la dramaturgie. A chaque fois que j’ai songé à Hamlet, je l’ai imaginé au cœur de la Russie du XIXème siècle, au cœur de cet empire où la question de « l’homme fort » capable d’administrer d’une main ferme un immense territoire, semble essentielle, encore aujourd’hui.

C’est cette piste là que j’ai lancée à Vincent Bresmal pour le décor et à Anne Guilleray pour les costumes. Ils ont rebondi avec enthousiasme. Après avoir monté Les Trois Mousquetaires et L’île au trésor, j’avais envie de m’éloigner un peu des grands spectacles d’aventures, tout en sachant que je voulais aussi offrir Hamlet à la jeune génération. Le spectacle sera accessible à partir de 9-10 ans.

En boutade, je dis que s’ils ont compris Le Roi Lion ils comprendront Hamlet. Il y a eu un certain nombre de versions de la pièce et les spécialistes ne sont pas d’accord entre eux pour savoir quelle était la version voulue par Shakespeare. Même le fameux monologue qui commence par la non moins fameuse réplique « To be or not to be » est parfois attribué à l’acteur/directeur de théâtre Richard Burbage qui, après la mort du poète, aurait amplifié le rôle. Peu importe d’ailleurs. Nous avons, avec ce texte, une matière dense destinée à un public qui ne restait pas en place, sortait, rentrait, mangeait… et parfois même écoutait la pièce.

Notre rapport au théâtre a beaucoup changé. Même si de temps en temps un téléphone sonne, une dame âgée et un peu sourde lance un « Qu’est-ce qu’il a dit ? » ou quelques élèves mal préparés ou peu respectueux chahutent un peu, globalement le public, plongé dans le noir, se tait et goûte chaque mot prononcé sur la scène. J’ai donc opté pour une version plus courte, allant à l’essentiel de l’intrigue et pour ce faire, il m’a bien fallu « tuer » quelques personnages. Le Théâtre Royal du Parc est l’endroit où des citoyens de tous âges qui, parfois, ne sont jamais allés au théâtre, découvrent de grands textes et j’espère de tout cœur que cette découverte leur ouvre un chemin qui les mènera vers d'autres théâtres, vers d’autres textes, d’autres pratiques. Thierry DEBROUX.

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