Les Arrière-Mondes

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23/02/2021 - 27/02/2021

Les Arrière-Mondes :: © Mossoux Bonte

Un groupe compact de six personnes déboule du fond de la nuit et se retrouve propulsé sur un chemin balisé, en forme de triangle, que chacun·e suit sans jamais perdre le contact avec les autres. Ces êtres perdus, plus morts que vivants, traversés par l’effroi, sont comme projetés dans l’existence. Où leur voyage incessant va-t-il les mener ?

Au fil de leur odyssée, ces hommes et ces femmes changent d’humeur et d’aspect, sans cesser d’avancer sur le chemin. Tel est leur destin : ne jamais s’arrêter, sans savoir vers quoi ils vont. Ils se servent des uns comme éclaireurs ou rattrapent ceux qui traînent et toujours restent groupés. Ils se tâtent, se prennent le cou, le ventre, sont ébranlés par des délires de vision, des trous de mémoire, des incapacités diverses, glissent, se reprennent, dérapent à nouveau, créent des liens, testent des apparences, se fondent dans l’amas général et réapparaissent après d’étonnantes et maladroites contorsions. À la manière d’un boléro, les éléments du spectacle s’élargissent : rythme, mouvement, incarnations… Une respiration soulève le groupe, au départ très homogène et serré. Elle insuffle des élancements, des amplifications qui vont s’accroissant, selon le principe du crescendo, et crée des images irrationnelles.

Puisant leur inspiration dans l’iconographie des longues files des damnés de Bosch et de Bruegel, ainsi que dans les momies des catacombes des Capucins à Palerme, Nicole Mossoux et Patrick Bonté désirent avant tout mettre en avant l’aventure humaine dans ce semblant de com.die o. l’imaginaire de la catastrophe ne se prive pas d’autodérision et d’humour. Le spectacle Les arrière-mondes n’est parcouru d’aucune hystérie, mais d’une sensualité mêlée de secousses, d’une langueur tendue par l’inqui.tude et la fantasmagorie. Vivent-ils leurs derniers instants ? Est-ce là l’image ultime d’eux-mêmes ? N’ont-ils pas autre chose à inventer ?

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