Midis du cinéma - "Wassily Kandinsky, figures de l’invisible" d'Alain Jaubert et "Malevitch ou l’impatience des limites" d'Yves Kovacs

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25/10/2018 - 25/10/2018

"Wassily Kandinsky, figures de l’invisible"
Alain Jaubert - (1994) 26’

Au moment où Wassily Kandinsky peint "Jaune-Rouge-Bleu" (1925), il est professeur au Bauhaus. Le peintre applique dans son tableau les principes de couleur et de dessin analytique qu’il enseigne par ailleurs à ses étudiants et dont il fait la théorie dans plusieurs ouvrages. Les tableaux de cette époque sont très colorés et très géométriques. Les trois couleurs primaires et les figures préférées du peintre - triangle, carré, cercle - sont devenues de véritables personnages épiques. "La forme est l’expression extérieure du contenu intérieur" disait Kandinsky. Mais comment faire coïncider la subjectivité de spectateur et celle du peintre ? A-t-on besoin de connaître les codes du peintre pour comprendre un tableau abstrait ? Comment est fabriquée cette toile particulière ? Comment regarder un tel tableau ? Comment peut-on l’analyser ? L’histoire de l’art est-elle le champ où s’affrontent figuration et abstraction ? Qu’est-ce qui distingue un tableau de Kandinsky du tableau d’un autre peintre abstrait ? En fin de compte, que "représente" vraiment "Jaune-Rouge-Bleu" ? Autant de questions auxquelles tente de répondre ce vingt-sixième Palettes, qui utilise les instruments vidéographiques habituels et aboutit à des conclusions parfois très surprenantes.Retour ligne manuel


"Malevitch ou l’impatience des limites"
Yves Kovacs - (1978) 33’

Le prégénérique nous met directement dans l’aventure du carré noir sur fond blanc. Il y a quelques données biographiques mais tout le film est centré sur l’évolution de l’oeuvre de Malevitch, la période suprématiste et le retour, à la fin de sa vie, à une certaine figuration. Tout cela est mis en perspective avec les événements qui ont transformé la Russie en URSS (1905, la révolution d’octobre, l’installation du réalisme soviétique) ou l’invention de l’aviation qui a beaucoup intéressé le peintre, le tout illustré par des fragments de films d’actualités. Une interview de l’historien d’art Troels Andersen structure le film : il développe une lecture de Malevitch personnelle et fine. Les tableaux, les dessins sont présentés frontalement comme des dias avec une volonté d’illustration et d’efficacité. On évoque aussi l’a-logisme, les architectones, son travail de professeur, sa théorie du zéro. La musique est parfois assez redondante et les beaux textes de Malevitch, lyriques et forts, sont lus d’une manière assez emphatique par Laurent Terzieff.

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