Vergeef ons

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03/05/2018 - 05/05/2018

Vergeef ons

La famille est morte ! Vive la famille !
'Les familles heureuses se ressemblent toutes ; les familles malheureuses sont malheureuses chacune à leur façon.' C’est par cette phrase que Tolstoï
commence son célèbre roman d’Anna Karenine.

Le malheur de la famille Silver commence par un flirt à Thanksgiving entre Harold Silver, un historien d’âge moyen, et Jane, la femme de son frère George. C’est le point de départ d’une longue succession de catastrophes, souvent absurdes, à la fois tristes et comiques qui fait voler en éclat toute la famille. Néanmoins, au Thanksgiving suivant, Harold a réussi, presque malgré lui, à créer une nouvelle famille recomposée.

Vergeef ons (Puissions-nous être pardonnés) est un soap-opéra d’une famille « ordinaire ». Dans une atmosphère grotesque, les faiblesses de tous les personnages sont portées à la scène à un rythme effréné. Vergeef ons est à la fois une saga loufoque et une esquisse mordante d’une société qui foule aux pieds ses valeurs éthiques : tous ses fondements – foyer, famille, amitié… – sont sous pression et nécessitent d’être redéfinis.

Avec une distribution grandiose – dont quatre acteurs du coproducteur, Toneelgroep Amsterdam – Guy Cassiers brosse dans Vergeef ons le tableau humoristique de l’aliénation relationnelle et de la confusion émotionnelle de notre époque. Pour y parvenir, il intègre de multiples références visuelles à l’atmosphère publique états-unienne : compétitions sportives, surabondance d’informations et de pubs… La mise en scène se situe à la croisée de l’histoire de famille intime et d’un environnement dominé par les médias. Parole et image sont découplées, ce qui donne lieu à une haute dose d’absurdité.

« Un monde nous est offert, si nouveau, si aléatoire et si dissocié qu’il nous met tous en danger. Nous discutons en ligne, nous devenons “amis” sans savoir à qui nous parlons vraiment – nous couchons avec des inconnus. Nous prenons tout et presque n’importe quoi pour une relation, un semblant de communauté, et pourtant, quand nous sommes avec nos familles, dans nos communautés, nous sommes désemparés, nous coupons court et replongeons aussitôt dans la version numérique – c’est plus facile, parce que nous pouvons endosser à la fois notre vrai moi et notre moi fantasmé, chacun pesant le même poids. », A. M. Homes, Puissions-nous être pardonnés, Actes Sud (2015), traduction Yoann Gentric

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