MIXITY Walk : Chatelain

C’est le quartier général bruxellois des expats de « l’Europe des 15 ». Son patrimoine est fantastique, ses rues regorgent de cafés branchés, de restaurants tendances et de nombreuses boutiques où dénicher la perle rare. Et pour les amateurs d’art, les galeries qui y ont élu domicile sont un régal.

EN BALADE À TENBOSCH

Cette promenade nous conduit aux confins d’Ixelles et de Saint-Gilles. Plus particulièrement du côté du quartier de Tenbosch qui se situe entre l’avenue Louise et les chaussées de Charleroi et de Waterloo. Ce nom de Tenbosch n’est pas connu de tout le monde : aujourd’hui, les gens parlent plus souvent du quartier de la rue du Bailli et de la place du Châtelain, les deux endroits principaux et tendance de cette partie de la capitale.

PARADIS POUR AMATEURS DE COSMOPOLITISME

Le quartier est très prisé de la communauté expats : vous ne trouverez nulle part ailleurs à Bruxelles une plus forte concentration d’habitants originaires de « l’Europe des quinze ». Les Français surtout y sont particulièrement surreprésentés. Le quartier de Tenbosch se situe à proximité immédiate des institutions européennes et à côté du poumon vert du Bois de la Cambre. Le patrimoine immobilier urbain y rayonne de grandeur et de style. Ceci dit, les expats y viennent aussi pour les magasins et la restauration. Le coin est plein de petits restaurants et de cafés : citez, au hasard, une cuisine d’un pays quelconque, et vous êtes certain(e) de la trouver dans les parages. La concentration de petits magasins spécialisés qui vendent les produits les plus divers est énorme. À la recherche, disons, d’une boutique spécialisée dans les produits basques ? Rendez-vous chez El Vasco dans la rue du Page ! Vous avez plutôt envie de passer à table et de goûter la cuisine basque sans attendre ? Il vous su t de traverser la rue et juste en face, Le Fils de Jules exauce vos voeux. Envie de cuisine japonaise, libanaise, voire même cachemiri ? Pas de souci. Il en va de même pour les galeries d’art : il y en a à foison. Les expats investissent aussi dans le quartier : c’est ainsi que des Français ont ouvert dans la rue Veydt la galerie d’art La Patinoire Royale sur le site de l’ancien « Royal Skating » (1877) – comme l’appelaient alors les Bruxellois.

GÉOMÉTRIE

C’est la construction de l’avenue Louise, à partir de 1860, qui est à l’origine de l’essor du quartier de Tenbosch. Au départ, il s’agit d’une initiative concoctée par deux investisseurs privés mais qui, lorsque celle-ci s’enlise, est récupérée par les autorités. Un autre projet, signé Victor Besme, vient s’y ajouter, lequel prévoit la création de quartiers résidentiels aux alentours de cette avenue prestigieuse. Ce périmètre alors encore agricole et vallonné est transformé en un quartier géométrique en forme d’échiquier, un agencement encore apparent à ce jour.

FRONTIÈRES CAPRICIEUSES

Le partage du terrain entre les di érentes communes est plutôt excentrique dans ce quartier. Ainsi, la frontière entre Ixelles et Saint-Gilles zigzague au travers des rues du tissu urbain. Sur ces frontières, les deux communes se sont jadis appliquées à apposer minutieusement une signalisation frontalière : une, côté Ixelles, une autre, côté Saint-Gilles. De nos jours, quelques-unes de ces plaques toponymiques ont d’ailleurs survécu. Autre épiphénomène cocasse seulement perceptible en néerlandais dans la dénomination de la même rue Américaine : à Saint-Gilles, elle s’appelle « Amerikastraat » et une fois en territoire ixellois, son prolongement porte le nom de « Amerikaansestraat ». Surréalisme, quand tu nous tiens!

SUMMUM DE L’ART NOUVEAU

Bruxelles n’est pas peu fière d’exhiber ces joyaux art nouveau mais force est de constater qu’à cet égard, le quartier du Châtelain décroche résolument le pompon. Jugez plutôt. Victor Horta ouvre le bal avec sa propre maison de la rue Américaine qui abrite aujourd’hui le Musée du même nom. Dans la rue Paul Émile Janson s’élève l’hôtel Tassel, l’un de ses tout premiers projets. Pareillement, ses réalisations de l’Hôtel Solvay et de l’Hôtel Hallet, tous deux situés sur l’avenue Louise, sont à deux pas. Signés Paul Hankar, autre grand nom de l’art nouveau, campent fièrement dans la rue Defacqz, sa propre résidence et l’Hôtel Ciamberlani célèbre pour sa façade décorée d’un spectaculaire sgraffite. Mais la liste ne s’arrête pas là, loin s’en faut avec des noms tels qu’Octave van Rysselberghe, Benjamin Delestré et tant d’autres… Autant de bijoux architecturaux disséminés aux quatre coins du quartier. Si à Barcelone les bâtiments art nouveau sont pris d’assaut par les touristes, ici ce n’est pas le cas. En e et, la plupart d’entre eux sont encore habités ou abritent une entreprise. Certains se visitent malgré tout à l’occasion de la biennale de l’art nouveau et de l’art déco de Bruxelles qui se tient tous les deux ans. Pour plus d’informations, rendez-vous sur : www.explore.brussels

CARROSSERIE

Jadis, le quartier accueille de très nombreuses industries, hormis l’industrie lourde. Du fait de la proximité du Bois de la Cambre, ce sont surtout des ébénistes qui occupent le quartier. Mais des entreprises de carrosserie y prospèrent également vu qu’à l’origine, cette spécialité s’apparente à l’industrie du bois. Puis, l’automobile prend le dessus sur les carrosses et autres véhicules hippomobiles, et avec elle, toutes les professions se rapportant à la carrosserie : forges, quincailleries, boulonneries... Aujourd’hui, l’entreprise automobile la plus célèbre du quartier Tenbosch est D’Ieteren, dans la rue du Mail. Pour découvrir un de ces témoins du début du siècle dernier, il vous su t d’aller manger un bout à la brasserie La Quincaillerie, située rue du Page.

POINT DE DÉPART: CROISEMENT DE L’AVENUE LOUISE ET DE LA RUE DU BAILLI, TRAMS 92/93 ET 81