MIXITY Walk : Schaerbeek

Le centre de Schaerbeek brille de toute la grandeur de ses paysages urbains, de ses splendides bâtiments de styles Néo et Art-Nouveau et de son délicieux Parc Josaphat.

LES MAÎTRES DE LA PERSPECTIVE

Les urbanistes bruxellois du 19ème siècle maîtrisaient fort bien la perspective. Vous en avez une belle illustration avec l’axe qui va de la place Royale de Bruxelles-Ville, passe par la rue Royale de Saint-Josse-ten-Noode et mène à la gare de Schaerbeek. Tout au long de ce trajet apparaissent chaque fois à l’horizon d’importants bâtiments qui attirent irrésistiblement le regard. Depuis la porte de Schaerbeek, la perspective vous mène à l’Église (royale) Sainte-Marie. Dans le prolongement de cet axe apparaît l’imposante maison communale sur la place Colignon. Et cela ramène naturellement à la somptueuse gare ferroviaire. Notre promenade prend place entre l’Église (royale) Sainte-Marie et la maison communale, et nous mène également au verdoyant parc Josaphat, le long d’un autre axe ambitieux du 19ème siècle : l’avenue Louis Bertrand.

GRANDEUR D’ANTAN, KEBAB ET BIO

Cela était-il dû à la jeunesse de la Belgique de l’époque? À une commune très fi ère qui voulait montrer son importance ? ou à de riches investisseurs privés ? Le fait est que les rues importantes du centre de Schaerbeek, construites fin 19ème, début 20ème siècle, respirent la grandeur. Aux alentours sont érigées des rues plus étroites et plus modestes mais qui présentent souvent un étonnant patrimoine architectural. Au cours des décennies passées, ces quartiers ont attiré beaucoup de migrants : Turcs, Marocains et Européens de l’Est qui ont racheté des commerces de proximité et des cafés, et allaient volontiers se délasser dans le parc Josaphat. Actuellement, le centre de Schaerbeek attire également une jeune population urbaine et de plus en plus de petites brasseries et de magasins bio y ouvrent leurs portes.

LA COMMUNE DES ÂNES ET DES GRIOTTES

Il y a 130 ans, Schaerbeek était encore un village rural, tout comme les autres communes de Bruxelles. Les paysans cultivaient leurs légumes dans les champs avoisinants et les apportaient tous les jours à Bruxelles en charrettes tirées par des ânes… et les ânes ne manquaient pas à Schaerbeek ! Les archives nous apprennent qu’en 1786, il y avait trois fois plus d’ânes que d’habitants. Lorsque les Schaerbeekois arrivaient en ville avec leur marchandise, les Bruxellois s’exclamaient : «Hei ! Doë zên die êzels van Schoerebeik !» (Tiens, voilà les ânes de Schaerbeek !). Les cerises, et les griottes en particulier, étaient la spécialité de Schaerbeek. Les citadins venaient se promener le dimanche dans la charmante vallée de Josaphat et y dégustaient de la kriek dans l’une des nombreuses auberges. Les griottes étaient transportées en ville - à dos d’âne - pour y être vendues aux brasseurs de lambic qui confectionnaient la kriek. En été, Gribouille et Camille broutant sur les prés à ânes du parc Josaphat attestent fièrement que Schaerbeek est bien la commune des ânes. Quand aux griottes, on encourage aujourd’hui les habitants à planter de nouveaux cerisiers afin de pouvoir à nouveau brasser de la bière avec de vraies griottes de Schaerbeek.

SCHARNAVAL ET POGGE

Tous les ans le cortège du Scharnaval (qui a repris depuis 1998) est ouvert par Gribouille et Camille, accompagnés de Pogge qui fait également partie du cortège. Au 19ème siècle, Pogge était la personne qui tranchait les querelles de café (et de voisinage) par la sentence ‘Alles es just’ « tout est juste », au café «Aux Trois Rois» situé à deux pas de la maison communale. Pogge - de son vrai nom Pierre De Cruyer – (qui devait être de très petite taille), était un véritable médiateur entre riverains. Il est devenu un symbole de justice citoyenne. En 1875 furent fondés les « Vrienden van Pogge » (les amis de Pogge). Après sa mort, on a créé une statue à son effigie. Statue que l’on porte encore aujourd’hui lors du «Scharnaval», le cortège du carnaval.

LES ÉCOLES ART NOUVEAU D’HENRI JACOBS

Schaerbeek possède un patrimoine Art Nouveau unique. C’est ici par exemple que Victor Horta a construit la Maison Autrique, l’une de ses premières habitations ; et qu’avenue Louis Bertrand se trouvent des constructions de Gustave Strauven et François Hemelsoet. Mais ce sont les écoles construites par Henri Jacobs qui illustrent de la façon la plus emblématique l’Art Nouveau schaerbeekois. En 1907, Jacobs construisit un gigantesque complexe scolaire entre la rue de la Ruche et la rue Josaphat. Il confia les décorations intérieures et extérieures à Privat Livemont, artiste également schaerbeekois et enseignant dans cette école.
POINT DE DÉPART :  ARRÊT DE TRAM ROBIANO AU CROISEMENT DE LA CHAUSSÉE D’HAECHT ET DE L’AVENUE ROGIER (TRAM 92 ET 25)